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Festival Africa Fête Marseille 2013

(JPG) Il y a cinq ans, la veille du solstice d’été, Mamadou Konté tirait sa révérence. Il aurait eu 65 ans le 22 juillet de cette année. Son petit galure juché sur ses dreadlocks à plus de 2m de haut a déserté la scène globale des musiques africaines. Mamadou en était un pionnier bâtisseur. Plus moyen d’échanger avec lui toutes les salutations à la mode soninké. Fini les discussions passionnées. Son regard visionnaire sur l’organisation des réseaux musicaux africains et internationaux nous manque. Mais ce qui nous réjouit : Africa Fête lui survit !

Un regard en arrière suffit à mesurer son apport décisif. De 1982 à 1985, Mamadou fait tourner Manu Dibango, Xalam et Youssou Ndour. De 1985 à 1995, il manage Salif Keïta. De 1988 à 1992, c’est Angélique Kidjo qu’il prend sous sa coupe. En 1993, il lance Positive Black Soul, pionniers du rap sénégalais dont le leader n’est autre que Didier Awadi. Mamadou Konté explique le rôle qu’il joue à cette époque : « L’artiste africain et sa maison de disques sont deux montagnes qui ne se comprennent pas. La montagne noire et la montagne blanche n’ont rien à se dire. Moi, je suis le tampon entre les deux. »

Après avoir oeuvré à la reconnaissance des musiques africaines en France, Mamadou trouve l’ouverture internationale. Chris Blackwell, le découvreur de Bob Marley, est convaincu que les sons du futur viendront d’Afrique. Afin de les introduire aux États-Unis, il décide de mettre à la disposition d’Africa Fête la logistique, les moyens, et le savoir-faire d’Island Records, sa maison de disques. Trois grandes tournées US d’Africa Fête se succèdent de 1993 à 1995.

Parallèlement, Mamadou Konté recentre son activité à Dakar. Dès lors, il s’emploie à jeter les bases d’un système d’économie culturelle viable pour les musiques et les artistes en Afrique. L’initiative se concrétise avec la création du réseau Circul’A, rassemblant des opérateurs musicaux de 11 pays d’Afrique francophones et de France. Ce réseau d’aide aux tournées aboutit à la création à Dakar du Bureau export des musiques africaines (Bema).

Ouvrier illettré immigré en France en 1965, c’est en 1976 que Mamadou organisait son premier concert : un gala de soutien pour l’amélioration des conditions de vie dans les foyers d’immigrés africains. Il a quitté ce monde en 2007, peu avant à la naissance du Bema qu’il avait initié. Sans son sourire malin et son accent inénarrable, jamais la France n’aurait servi de tremplin mondial à la world music. Plus qu’aucun autre, il y a contribué !

François Bensignor, Parrain de la 8ème édition du festival.

 

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